EUGÈNE LION (1867-1945)
Originaire de Saint-Amand, Eugène LION fait partie de ces familles dont les membres sont indissociablement liés à la poterie. De ce fait, c'est tout naturellement qu'il intègre l'atelier familial tenu par son père Amand, atelier situé au lieu-dit « La Forge » en sortie de village.
En 1888, lorsque le sculpteur parisien CARRIÈS vient s'initier aux pratiques céramiques, Eugène n'a que 21 ans et son père Amand 50 ans. Tous deux lui ouvrent largement la porte de leur atelier. Mais c'est surtout Eugène qui comprit rapidement l'opportunité de s'ouvrir sur de nouveaux horizons ; en cette fin de siècle, le monde, la clientèle, étaient à la recherche d'une nouvelle esthétique.
En effet, avant l'arrivée de CARRIÈS à Saint-Amand, aucun atelier n'avait imaginé produire des pièces décoratives émaillées. Bien sûr, de superbes grès émaillés au laitier sortent des fours des artisans locaux, mais ces réalisations restent traditionnelles.
Très tôt, donc, notre jeune Eugène s'imprègne de cet élan novateur initié par le maître CARRIÈS. Influence qui perdure chez les suiveurs jusqu'à « la grande guerre 1914-1918 ». Cette transmission est attestée par de nombreux écrits, notamment de JEANNENEY, mais aussi avec l’Abbé PACTON, et William LEE par l’apposition de doubles signatures au dos de grès.
Eugène LION, grâce à son imagination créative, et une grande maîtrise de son art, produit beaucoup, principalement des pièces décoratives : vases de toutes formes et tailles, généralement tournées, émaillées, quelquefois déformées ou striées. Sa palette de couleur, des bruns, noirs, ocres et bleu turquoise, est reprise ensuite par nombre de suiveurs. Une particularité, la mise au point d’un émail rouge de cuivre dans les années vingt, lui confère une notoriété déjà bien établie.
Il expose souvent au salon du Groupe d’Emulation Artistique du Nivernais à Nevers (de 1922 à 1938), mais il vend aussi à son atelier.
D’un tempérament accueillant, altruiste, donnant volontiers de son temps à la transmission, il reçut de nombreux stagiaires et autres amateurs en quête d’artisanat authentique, notamment, pour la plus célèbre, Jeanne BOUTET DE MONVEL juste avant la dernière guerre ; c’est elle, future Mme PIERLOT, qui fonda dans les années 50 avec son mari la Poterie de Ratilly.
L’atelier LION est repris par son fils Pierre et sa fille Thérèse en 1945 à la mort d’Eugène ; un autre récit commence alors !
Source : Grès de Puisaye - de Jean Carriès à nos jours - Marques & signatures - Emmanuel NESLY, 2026

Important vase, en grès émaillé rouge, vers 1920-1930.
H : 59 x 24 cm / 23,2 x 9.4 inches.
6 000 €

Important vase, en grès émaillé, vers 1930-1940.
H : 42,5 x 25 cm / 16,7 x 9.8 inches.
1 800 €

Vase, en grès émaillé, vers 1920.
H : 22 x 25 cm / 8.7 x 9.8 x inches.
1 800 €

Pichet, en grès émaillé, vers 1930-1940.
H : 19 x 14 x 11 cm / 7.5 x 5.5 x 4.3 inches.
900 €